Et si extrême que fût sa faiblesse, il réussit à se traîner jusqu'à la fenêtre, assez à temps pour reconnaître la justesse de ses conjectures.
—Si mon père sort, pensa-t-il encore, ce ne peut être que pour se rendre chez M. Lacheneur... donc il ne désespère pas tout à fait...
Un fauteuil était près de lui, il s'y laissa tomber, songeant qu'en guettant à la fenêtre le retour de son père, il connaîtrait sa destinée quelques secondes plus tôt.
Il la connut au bout de trois mortelles heures.
À la seule attitude de M. d'Escorval, il vit bien que tout, cette fois, était irrémissiblement perdu; il en fut sûr, comme l'accusé qui a lu sur le visage morne des jurés le verdict fatal qu'ils vont prononcer.
Il eut besoin de toute son énergie pour regagner son lit, il se sentait mourir.
Mais bientôt il eut honte de cette faiblesse qu'il jugeait indigne. Il voulut savoir ce qui s'était passé, demander des détails.
Il sonna et dit au domestique qu'il souhaitait parler à son père. M. d'Escorval ne tarda pas à paraître.
—Eh bien?... cria Maurice.
Rien qu'à l'accent de cette question, M. d'Escorval se sentit deviné.