—Pour ce qui est de Chanlouineau, il sera bon de ne lui pas laisser trop voir notre intelligence... mais c'est mon affaire...

M. Lacheneur s'arrêta, réfléchissant, cherchant dans sa mémoire s'il n'oubliait rien.

—Il ne me reste plus, Maurice, reprit-il, qu'à vous adresser une dernière et bien importante recommandation... Vous connaissez mon fils?

—Certes!... nous étions camarades quand il venait en vacances...

—Eh bien! quand vous serez maître de mon secret, car à vous je dirai toute ma pensée... défiez-vous de Jean.

—Oh!... monsieur.

—Restez sur vos gardes, vous dis-je...

Il rougit extrêmement, le malheureux homme, et ajouta:

—Ah! c'est pour un père un pénible aveu: je n'ai pas confiance en mon fils. Il ne sait de mes projets que ce que je lui en ai dit le jour de son arrivée... Maintenant, je le trompe comme s'il devait trahir... Peut-être serait-il sage de l'éloigner; mais que penserait-on? Sans doute on dirait que je suis bien avare du sang des miens, quand je risque froidement la vie de tant de braves gens. Après cela, je m'abuse peut-être...

Il soupira et dit encore: