La porte du salon s'ouvrit, si brutalement poussée, que les deux battants cédèrent à la fois comme sous un coup d'épaule.
Un jeune homme entra, qui portait l'uniforme de capitaine des grenadiers de la légion de Montaignac.
Il paraissait vingt-cinq ans à peine; il était grand, mince, blond, avec des yeux bleus et de petites moustaches effilées. Toute sa personne trahissait des recherches d'élégance exagérées jusqu'au ridicule.
Sa physionomie, d'ordinaire, ne devait respirer que la satisfaction de soi, mais elle avait en ce moment une expression farouche.
Derrière lui, dans l'ombre du palier, on voyait étinceler les armes de plusieurs soldats.
Il promena autour du salon un regard défiant, puis d'une voix rude:
—Le maître de la maison? demanda-t-il.
—M. le baron d'Escorval, mon père, est absent, répondit Maurice.
—Où est-il?
L'abbé Midon, resté assis jusqu'alors se leva.