—À nous deux, maintenant, dit-il à Maurice; qu'avez-vous fait ce soir?
Le jeune homme eut une seconde d'hésitation; mais c'est avec une insouciance bien jouée qu'il répondit:
—Je n'ai pas mis le nez dehors.
—Hum! c'est ce qu'il faudrait prouver. Voyons les mains?...
Le ton de ce joli soldat, qui affectait des airs de soudard, était si offensant, que Maurice sentait monter à son front des bouffées de colère. Heureusement, un coup d'œil de l'abbé Midon lui commanda le calme.
Il tendit les mains et le capitaine les examina minutieusement, les tourna et les retourna, et finalement les flaira.
—Allons!... fit-il, ces mains sont trop blanches et sentent trop bon la pommade pour avoir tiré des coups de fusil.
Il était clair qu'il s'étonnait que le fils eût eu le courage de rester au coin du feu pendant que le père conduisait les paysans à la bataille.
—Autre chose, fit-il, vous devez avoir des armes, ici?
—Oui, des armes de chasse.