—Oui.

—Vous avez raison d'avouer, car on va introduire des témoins qui vous reconnaîtront.

Cinq grenadiers entrèrent; qui étaient de ceux que Chanlouineau avait tenus en respect pendant que Maurice, l'abbé Midon et Marie-Anne montaient en voiture.

Ces militaires affirmèrent qu'ils remettaient très-bien l'accusé, et même, l'un d'eux entama de lui un éloge intempestif, déclarant que c'était un solide gaillard, d'une bravoure admirable.

L'œil de Chanlouineau, pendant cette déposition, dut révéler quelque chose de ses angoisses. Les soldats parleraient-ils de cette circonstance de la voiture? Non, ils n'en parlèrent pas.

—Il suffît!... interrompit le président. Et se tournant vers Chanlouineau:

—Quels étaient vos projets? interrogea-t-il.

—Nous espérions nous débarrasser d'un gouvernement imposé par l'étranger, nous voulions nous affranchir de l'insolence des nobles et garder nos terres...

—Assez!... Vous étiez un des chefs de la révolte?

—Un des quatre chefs, oui...