—En ce cas, suivez-moi, mademoiselle, dit un valet de pied.

Elle le suivit le long de l'escalier et à travers deux ou trois pièces. Enfin, il ouvrit la porte d'un salon, en disant: «Entrez.» Elle entra...

Ce n'était pas le duc de Sairmeuse qui était dans le salon, mais son fils, Martial.

Étendu sur un canapé, il lisait un journal, à la lueur des six bougies d'un candélabre.

À la vue de Marie-Anne, il se dressa tout d'une pièce, plus pâle et plus troublé que si la porte eût livré passage à un spectre.

—Vous!... bégaya-t-il.

Mais il maîtrisa vite son émotion, et en une seconde son esprit alerte eut parcouru tous les possibles.

—Lacheneur est arrêté! s'écria-t-il. Et vous, sachant quel sort lui réserve la commission militaire, vous vous êtes souvenue de moi. Merci, chère Marie-Anne, merci de votre confiance... je ne la tromperai pas. Que votre cœur se rassure. Nous sauverons votre père, je vous le promets, je vous le jure... Comment? je ne le sais pas encore... Qu'importe!... Il faudra bien que je le sauve, je le veux!...

Il s'exprimait avec l'accent de la passion la plus vive, laissant déborder la joie qu'il ressentait, sans songer à ce qu'elle avait d'insultant et de cruel.

—Mon père n'est pas arrêté, dit froidement Marie-Anne...