La renommée disait vrai: Il s'était battu, et furieusement, contre la France, tantôt dans les rangs Autrichiens, tantôt dans les rangs Russes.
Et jarnibieu!—c'était un de ses jurons,—il ne s'en cachait guère, disant qu'en cela, il n'avait fait que strictement son devoir. Il estimait bien et loyalement gagné le grade de général que lui avait conféré sur le champ de bataille l'empereur de Russie.
On ne l'avait pas vu, lors de la première Restauration, mais son absence avait été bien involontaire. Son beau-père, lord Holland, venait de mourir, et il avait été retenu à Londres par les embarras d'une immense succession.
Les Cent-Jours l'avaient exaspéré.
Mais «la bonne cause,» ainsi qu'il disait, triomphant de nouveau, il se hâtait d'accourir.
Hélas! Lacheneur soupçonnait bien les véritables sentiments de son ancien maître, quand il se débattait sous les obsessions de sa fille.
Lui qui avait été obligé de se cacher en 1814, il savait bien que les «revenants» n'avaient rien appris ni rien oublié.
Le duc de Sairmeuse était comme les autres.
Cet homme qui avait tant vu n'avait rien retenu.
Il pensait, et rien n'était si tristement grotesque, qu'il suffisait d'un acte de sa volonté pour supprimer net tous les événements de la Révolution et de l'Empire.