D'un coup d'œil, Martial lui recommanda le silence.
—On peut toujours, reprit-il, étudier l'expédient et calculer ses conséquences... cela n'engage à rien. Quand doit être exécuté le jugement?
M. de Sairmeuse répondit:
—Demain.
Cette terrible réponse n'arracha pas un tressaillement à Marie-Anne. Les angoisses du duc lui avaient donné la mesure de ce qu'elle pouvait espérer et elle voyait que Martial embrassait franchement sa cause.
—Nous n'avons donc que la nuit devant nous, reprit le jeune marquis... Par bonheur il n'est que sept heures et demie, et jusqu'à dix heures mon père peut se montrer à la citadelle sans éveiller le moindre soupçon...
Il s'interrompit. Ses yeux, où éclatait la plus absolue confiance, se voilaient.
Il venait d'apercevoir une difficulté imprévue, et dans sa pensée presque insurmontable.
—Avons-nous des intelligences dans la citadelle? murmura-t-il. Le concours d'un subalterne, d'un geôlier ou d'un soldat nous est indispensable.
Il se retourna vers son père, et brusquement: