—Maintenant, dit-il au baron, du même ton qu'il prenait pour réciter la théorie à ses recrues, à l'ordre, monsieur, et attention au commandement.
Et aussitôt, avec une parfaite liberté d'esprit, en décomposant bien, comme il le disait, les temps et les mouvements, il expliqua comment l'évasion présentait deux opérations distinctes, consistant à gagner d'abord l'étroit entablement situé au bas de la tour plate, pour descendre de là jusqu'au pied du rocher à pic.
L'abbé Midon, qui avait fort bien prévu cette circonstance, avait remis à Martial deux cordes, dont l'une, celle qui devait servir pour le rocher, était bien plus longue que l'autre.
—Je vous attacherai donc sous les bras, monsieur, poursuivait Bavois, avec la plus courte des cordes, et je vous descendrai jusqu'à l'entablement... Quand vous y serez, je vous ferai passer la grosse corde et la pince... Et ne lâchez rien!... Si nous nous trouvions démunis sur ce bout de rocher, il faudrait nous rendre ou nous précipiter... Je ne serai pas long à vous aller rejoindre... Êtes-vous prêt?
M. d'Escorval leva les bras, la corde fut attachée et il se laissa glisser entre les barreaux...
D'où il était, la hauteur paraissait immense...
En bas, dans les terrains vagues qui entourent la citadelle, huit personnes qui avaient recueilli le signal de Bavois, attendaient, silencieuses, émues, toutes palpitantes...
C'était Mme d'Escorval et Maurice, Marie-Anne, l'abbé Midon et quatre officiers à demi-solde...
La nuit, bien que sans lune, était fort claire, et d'où ils étaient ils pouvaient voir quelque chose...
Donc, lorsque quatre heures sonnèrent, ils aperçurent fort bien une forme noire qui glissait lentement le long de la tour plate... C'était le baron. Peu après, une autre forme suivit très-rapidement: c'était Bavois...