D'un coup d'œil, M. de Sairmeuse inventoria cette pièce. Les habitudes de la maison devaient lui dire celles du maître. Elle était propre, pauvre et nue. Les murs étaient blanchis à la chaux; une douzaine de chaises composaient tout le mobilier; sur la table, d'une simplicité monastique, il n'y avait que des couverts d'étain.
Ce logis était celui d'un ambitieux ou d'un saint.
—Ces messieurs prendraient peut-être quelque chose? demanda Bibiane.
—Ma foi! répondit Martial, j'avoue que la route m'a singulièrement aiguisé l'appétit.
—Doux Jésus!... s'écria la vieille gouvernante, d'un air désespéré, et moi qui n'ai rien!... C'est-à-dire, si, il me reste encore un poulet en mue, le temps de lui tordre le cou, de le plumer, de le vider...
Elle s'interrompit prêtant l'oreille, et on entendit un pas dans le corridor.
—Ah!... dit-elle, voici monsieur le curé.
Fils d'un pauvre métayer des environs de Montaignac, le curé de Sairmeuse devait aux privations de sa famille son latin et sa tonsure.
À le voir, on reconnaissait bien l'homme annoncé par le presbytère.
Grand, sec, solennel, il était plus froid que les pierres tombales de son église.