Il n'eût pas été le seul en tout cas.
Déjà M. de Courtomieu et le duc de Sairmeuse en étaient à se reprocher mutuellement les exagérations de leurs premiers rapports, et les proportions mensongères données au soulèvement.
L'ivresse d'ambition qui les avait saisis au premier moment s'étant dissipée, ils mesuraient avec effroi les conséquences de leurs odieux calculs.
Ils s'accusaient réciproquement de la précipitation fatale des juges, de l'oubli de toute procédure, de l'injustice de l'arrêt rendu.
Chacun prétendait rejeter sur l'autre et le sang versé et l'exécration publique.
Du moins, espéraient-ils obtenir la grâce des six condamnés dont ils avaient suspendu l'exécution.
Ils ne l'obtinrent pas.
Une nuit, un courrier arriva à Montaignac, qui apportait de Paris cette laconique dépêche:
«Les vingt-et-un condamnés doivent être exécutés.»
Quoi qu'eût pu dire le duc de Richelieu, le conseil des ministres entraîné par M. Decazes, ministre de la police, avait décidé que les grâces devaient être rejetées...