C'était le nom d'un secrétaire qu'avait eu le baron autrefois, qui lui avait été absolument dévoué, mais qui était mort depuis plusieurs années.
Le baron n'avait donc pas sa raison, qu'il appelait ce mort!...
Il avait du moins un sentiment vague de son horrible situation, car il ajouta d'une voix étouffée, à peine distincte:
—Ah!... que je souffre!... Firmin, je ne veux pas tomber vivant entre les mains du marquis de Courtomieu... Tu m'achèveras plutôt... tu entends, je te l'ordonne...
Et ce fut tout: ses yeux se refermèrent, et sa tête qu'il avait soulevée retomba inerte. On put croire qu'il venait de rendre le dernier soupir.
Les officiers le crurent, et c'est avec une poignante anxiété qu'ils entraînèrent l'abbé Midon à quelques pas de Mme d'Escorval.
—Est-ce fini, monsieur le curé? demandèrent-ils; espérez-vous encore?...
Le prêtre hocha tristement la tête, et du doigt montrant le ciel:
—J'espère en Dieu!... prononça-t-il.
L'heure, le lieu, l'émotion de l'horrible catastrophe, le danger présent, les menaces de l'avenir, tout se réunissait pour donner aux paroles du prêtre une saisissante solennité.