Par une belle matinée d'avril, les proscrits s'étaient arrêtés, pour déjeuner, dans une auberge à l'entrée d'un gros bourg...
Maurice, le repas fini, venait de quitter la table pour payer l'hôtesse, quand un cri déchirant le ramena...
Marie-Anne, pâle et les yeux égarés agitait un journal, et d'une voix rauque disait:
—La!... Maurice... Regarde!
C'était un journal français, vieux de quinze jours, oublié sans doute par quelque voyageur, et qui depuis traînait sur les tables...
Maurice le prit et lut:
«Hier, a été exécuté Lacheneur, le chef des révoltés de Montaignac. Ce misérable perturbateur a conservé jusque sur l'échafaud l'audace coupable dont il avait donné tant de preuves...»
Tout le reste de l'article, écrit sous l'empire des idées de M. de Sairmeuse et du marquis de Courtomieu, était sur ce ton.
—Mon père a été exécuté! reprit Marie-Anne d'un air sombre, et je n'étais pas là, moi, sa fille, pour recueillir sa volonté suprême et son dernier regard...
Elle se leva, et d'un ton bref et impérieux: