Une difficulté tout d'abord s'était présentée qui avait failli rompre la négociation:

—Rendez-moi ma lettre, disait Martial, et je sauve le baron.

—Sauvez le baron, répondait l'abbé, et votre lettre vous sera rendue.

Mais Martial était de ces natures que l'ombre seule de la contrainte exaspère.

L'idée qu'il paraîtrait se rendre à des menaces, quand en réalité il ne se rendait qu'aux larmes de Marie-Anne, lui fit horreur.

—Voici mon dernier mot, monsieur le curé, prononça-t-il. Remettez-moi à l'instant ce brouillon que m'a arraché une ruse de Chanlouineau, et je vous jure sur l'honneur de mon nom, que tout ce qu'il est humainement possible de faire pour sauver le baron, je le ferai... Sinon si vous vous défiez de ma parole, bonsoir.

La situation était désespérée, le danger pressant, le temps mesuré... Le ton de Martial annonçait une résolution inébranlable.

L'abbé pouvait-il hésiter?

Il tira la lettre de sa poche, et la tendant à Martial:

—Voici, monsieur! prononça-t-il d'une voix solennelle, souvenez-vous que vous venez d'engager l'honneur de votre nom.