Ainsi s'étaient écoulés quarante jours, quand un soir, c'était le 17 avril, pendant que l'abbé Midon lisait un journal au baron d'Escorval, la porte du grenier s'entrebâilla doucement, et un des fils Poignot se montra et disparut aussitôt...
Sans affectation, le prêtre acheva sa phrase, posa son journal et sortit.
—Qu'est-ce? demanda-t-il au jeune gars.
—Eh! monsieur le curé, M. Maurice, Mlle Lacheneur et le vieux caporal viennent d'arriver; ils voudraient monter.
En trois bonds, l'abbé Midon descendit le roide escalier.
—Malheureux!... s'écria-t-il en marchant sur les trois imprudents, que voulez-vous?...
Et s'adressant à Maurice:
—C'est par vous et pour vous que votre père a failli mourir!... Craignez-vous donc qu'il en réchappe, que vous revenez, au risque de montrer aux délateurs le chemin de sa retraite!... Partez.
Le pauvre garçon, atterré, balbutiait des excuses inintelligibles. L'incertitude lui avait paru pire que la mort; il avait appris le supplice de M. Lacheneur; il n'avait pas réfléchi; il allait s'éloigner; il ne demandait qu'à voir son père; il voulait seulement embrasser sa mère...
Le prêtre fut inflexible.