—Allons, vous autres, haut le pied!

Il allait donner l'exemple, Martial le retint par le bras.

—Du moins, fit-il, vous ne refuserez pas de me dire qui vous envoie...

—Qui?... le colonel, parbleu! d'après les ordres que le grand prévôt, M. de Courtomieu, lui a envoyés hier soir par un homme à cheval... Nous sommes en embuscade en bas, dans le bois, depuis le point du jour... Mais lâchez-moi, sacré tonnerre!... vous allez me faire manquer mon expédition...

Il s'échappa, et Martial, plus trébuchant qu'un homme ivre, descendit la lande et alla reprendre son cheval.

Mais il ne rentra pas au château de Sairmeuse... Il revint à Montaignac, et passa le reste de l'après-midi enfermé dans sa chambre.

Et le soir même il expédiait à Sairmeuse deux lettres...

L'une à son père, l'autre à sa jeune femme.

XXXIX

Si abominable que Martial imaginât le scandale de ses emportements, l'idée qu'il s'en faisait restait encore au-dessous de la réalité.