À l'heure même où Lacheneur se présentait chez l'abbé Midon, ils étaient accoudés à la terrasse de leur maison, et ils exploraient d'un œil inquiet les deux routes qui conduisent d'Escorval au château et au village du Sairmeuse.
Prévenu, le matin même, par ses amis de Montaignac de l'arrivée du duc, le baron avait envoyé son fils avertir M. Lacheneur.
Il lui avait recommandé d'être le moins longtemps possible... et malgré cela, les heures s'écoulaient et Maurice ne reparaissait pas.
—Pourvu, pensaient-ils chacun à part soi, qu'il ne lui soit rien arrivé!...
Non, il ne lui était rien arrivé... Seulement un mot de Mlle Lacheneur avait suffi pour lui faire oublier sa déférence accoutumée aux volontés paternelles.
—Ce soir, lui avait-elle dit, je connaîtrai vraiment votre cœur!...
Qu'est-ce que cela signifiait?... Doutait-elle donc de lui?...
Torturé par les plus douloureuses anxiétés, le pauvre garçon n'avait pu se résoudre à s'éloigner sans une explication, et il avait rôdé autour du château de Sairmeuse, espérant que Marie-Anne reparaîtrait.
Elle reparut, en effet, mais au bras de son père.
Le jeune d'Escorval les suivit de loin, et bientôt il les vit entrer au presbytère. Qu'y allaient-ils faire? Il savait que le duc et son fils s'y trouvaient.