—Voilà, poursuivit-il, ce que les Sairmeuse et les Courtomieu ont à attendre de moi.
Il n'y avait pas à se méprendre sur la portée des menaces de Jean Lacheneur.
Ce n'était pas là les vaines imprécations de la colère. Son air grave, son ton posé, son geste automatique, trahissaient une de ces rages froides qui durent la vie d'un homme.
Lui-même prit soin de le faire bien entendre, car il ajouta entre ses dents:
—Sans doute, les Sairmeuse et les Courtomieu sont bien haut et moi je suis bien bas; mais quand le ver blanc, qui est gros comme mon pouce, se met aux racines d'un chêne l'arbre immense meurt...
Marie-Anne ne comprenait que trop l'inanité de ses larmes et de ses prières...
Et cependant elle ne pouvait pas, elle ne devait pas laisser son frère s'éloigner ainsi.
Elle se laissa glisser à genoux, et les mains jointes, d'une voix suppliante:
—Jean, dit-elle, je t'en conjure, renonce à tes projets impies... Au nom de notre mère, reviens à toi; ce sont des crimes que tu médites!...
Il l'écrasa d'un regard plein de mépris pour ce qu'il jugeait une faiblesse indigne; mais, presqu'aussitôt, haussant les épaules: