Pouvaient-ils ne pas remarquer que presque tous les acteurs de ce drame sanglant de Montaignac avaient eu «une mauvaise fin?»
Vainqueurs et vaincus semblaient poursuivis par une même fatalité inexorable.
Et que de noms déjà sur la liste funèbre!...
Lacheneur, mort sur l'échafaud.
Chanlouineau, fusillé.
Marie-Anne empoisonnée.
Chupin, le traître, assassiné.
Le marquis de Courtomieu, lui, vivait, ou plutôt se survivait. Mais la mort devait paraître un bienfait, comparée à cet anéantissement de toute intelligence. Il était tombé bien au-dessous de la brute, qui, du moins, a ses instincts. Depuis le départ de sa fille, il restait confié aux soins de deux valets qui, avec lui, en prenaient à leur aise. Ils l'enfermaient, quand ils avaient envie de sortir, non dans sa chambre, mais à la cave, pour qu'on n'entendit pas ses hurlements du dehors.
Un moment, on crut que les Sairmeuse éviteraient la destinée commune; on se trompait. Ils ne devaient pas tarder à payer leur dette au malheur.
Par une belle matinée du mois de décembre, le duc de Sairmeuse partit, à cheval, pour courre un loup signalé aux environs.