Martial sorti, tante Médie ouvrit la porte de communication et entra dans le petit salon, avouant par ce seul fait qu'elle avait écouté...
Jamais, la veille seulement, elle n'eût osé une énormité pareille. Mais son audace, pour cette fois, fut absolument irréfléchie.
—Eh bien! Blanche, dit-elle, nous en sommes quittes pour la peur.
La jeune femme ne répondit pas.
Encore sous le coup de sa terrible émotion, toute saisie des façons de Martial, elle réfléchissait, s'efforçant de déterminer les conséquences probables de tous ces événements qui se succédaient avec une foudroyante rapidité.
—Peut-être l'heure de ma revanche va-t-elle sonner, murmura Mme Blanche, comme se parlant à soi-même.
—Hein! Tu dis? interrogea curieusement la parente pauvre.
—Je dis, tante, qu'avant un mois je serai marquise de Sairmeuse autrement que de nom. Mon mari me sera revenu, et alors... oh! alors...
—Dieu t'entende! fit hypocritement tante Médie.
Au fond elle croyait peu à la prédiction, et qu'elle se réalisât ou non, peu lui importait.