—Il le faut.

Foudroyé tout d'abord, Maurice s'était redressé, puisant dans son amour une énergie qu'il ne se connaissait pas.

—Vous voulez donc briser ma vie, monsieur, s'écria-t-il, briser notre vie, car si j'aime Marie-Anne... elle m'aime...

Il disait vrai, il était aisé de le voir. La malheureuse jeune fille, si rouge l'instant d'avant, était devenue plus blanche que le marbre, elle semblait atterrée et adressait à son père des regards éperdus.

—Il le faut, répéta M. Lacheneur, et plus tard, Maurice, vous bénirez l'affreux courage que j'ai en ce moment.

Effrayée du désespoir de son fils, Mme d'Escorval intervint.

—Ce refus, commença-t-elle, a des raisons...

—Aucune que je puisse dire, madame la baronne. Mais jamais, tant que je vivrai, ma fille ne sera la femme de votre fils.

—Ah!... vous tuez mon enfant!... s'écria la baronne.

M. Lacheneur hocha tristement la tête.