Il restait fidèle à la boue et à la plus basse crapule. Peut-être ne se soûlait-il à l'aise que dans un bouge ignoble. Il lui fallait pour compagnons les plus dégoûtants gredins, les plus abjects et les plus vils.
C'est à ce point qu'une nuit il fut arrêté dans un endroit immonde. La police, émue de voir tant d'or entre les mains d'un tel misérable, crut à un crime. Il nomma la duchesse de Sairmeuse.
Martial était à Vienne à ce moment, par bonheur, car le lendemain un inspecteur de la Préfecture se présenta à l'hôtel...
Et Mme Blanche subit cette atroce humiliation de confesser que c'était elle, en effet, qui avait remis une grosse somme à cet homme, dont elle avait connu la famille, ajoutait-elle, et qui lui avait rendu des services autrefois...
Souvent le misérable avait des lubies.
Il déclarait, par exemple, que se présenter sans cesse à l'hôtel de Sairmeuse lui répugnait, que les domestiques le traitaient comme un mendiant et que cela l'humiliait; bref, qu'il écrirait désormais...
Et le lendemain, en effet, il écrivait à Mme Blanche:
«Apportez-moi telle somme, à telle heure, à tel endroit.»
Et elle, la fière duchesse de Sairmeuse, elle était toujours exacte au rendez-vous.
Puis, c'était sans cesse quelque invention nouvelle, comme s'il eût trouvé une jouissance extraordinaire à constater continuellement son pouvoir et à en abuser. C'était à le croire, tant il y déployait de science, de méchanceté et de raffinements cruels.