Et, par l'entre-bâillement de la porte, on apercevait dans l'ombre du corridor le profil peu rassurant de ses deux fils.
Il venait en ambassadeur, il le déclara après une interminable litanie de protestations. Il venait conjurer «monseigneur» de se montrer sur la place.
—Eh bien!... Oui! s'écria le duc en se levant, oui, je veux me rendre aux désirs de ces bonnes gens!... Suivez-moi, marquis!
Il parut sur le seuil de la porte de la cure, et aussitôt un immense hurrah s'éleva, tous les fusils des pompiers furent déchargés en l'air, les pierriers firent feu... Jamais Sairmeuse n'avait ouï pareil fracas d'artillerie. Il y eut trois vitres de cassées au Bœuf couronné.
Véritable grand seigneur, M. le duc de Sairmeuse sut garder sa froideur hautaine et indifférente,—s'émouvoir est du commun—mais en réalité il était ravi, transporté.
Si ravi qu'il chercha vite comment récompenser cet accueil.
Un simple coup d'œil jeté sur les titres remis par Lacheneur lui avait appris que Sairmeuse lui était rendu presque intact.
Les lots détachés de l'immense domaine et vendus séparément étaient d'une importance relativement minime.
Le duc pensa qu'il serait politique et peu coûteux d'abandonner ces misérables lopins de terre, partagés peut-être entre quarante ou cinquante paysans.
—Mes amis, cria-t-il d'une voix forte, je renonce pour moi et mes descendants à tous les biens de ma maison que vous avez achetés, ils sont à vous, je vous les donne!...