Les personnages chantés par les grands poètes de l'Italie reparaissent çà et là dans les vers de La Fontaine: Armide, Angélique, Renaud, Alcine; et parfois un cri passionné ou plaintif, ou quelque aveu mélancolique rappelle la sentimentalité profonde des méridionaux:
Ah! si mon cœur encor osait se renflammer!
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête?
Ai-je passé le temps d'aimer?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Aimez, aimez, tout le reste n'est rien.
Ou bien encore, telle peinture d'un charme exquis nous donne comme la vision d'une fresque aérienne du Corrège, endormie au plafond de quelque vieux palais de Parme ou de Mantoue:
Par de calmes vapeurs mollement soutenue,
La tête sur son bras, et son bras sur la nue,
Laissant tomber des fleurs et ne les semant pas.