«Trop longtemps, écrit admirablement Lorulot, dans l'Idée Libre de décembre 1911, nous nous sommes contentés de répondre par des clichés pompeux ou par des phrases retentissantes. Nous pensons qu'il est temps de substituer aux formules abstraites et aux déclamations puériles, des conceptions basées sur les faits, l'expérience et la connaissance.»
Ce que nous pouvons recevoir de l'Univers, ce que nous pouvons admirer et comprendre, marque, non pas les limites de cet Univers, mais le stade de notre évolution. La réalité est constamment agrandie par l'apparition et le développement des sens. Pour chaque être, la réalité est un rapport, une relation entre son organisation et les effets qui l'impressionnent. La vérité est toujours au-delà de ce qui pour nous est réel, car elle est au-delà de ce que nous révèle notre organisation qui n'a pas atteint les limites du perfectionnement. Nous nous rapprochons donc de la vérité, nous atteignons de plus en plus la réalité objective et certaine des choses en essayant de développer des sens et des facultés qui nous manquent. C'est ce qui se produit dans l'état merveilleux du somnambulisme. Cet état nous révèle un aspect invisible de la réalité. L'impondérable, l'éther devient luminescible, devient fluide éclairant pour l'être en somnambulisme, et par conséquent toutes les images qui vibrent dans ce fluide invisible, peuvent lui apparaître comme apparaissent à nos yeux les images matérielles des objets lointains lorsque la lumière physique, en les baignant, établit un rapport possible entre eux et nous.
Perfectionnons nos sens et surtout notre corps mental et nous pourrons voir et utiliser de plus en plus de forces. L'Univers ne peut rien ajouter à lui-même, c'est nous qui devons sans cesse développer des pouvoirs perceptifs en sensibilisant nos nerfs par l'entraînement, l'étude, l'isolement et la méditation, afin d'atteindre de lui une portion toujours plus étendue. Voilà pourquoi l'étude ou la conquête d'un sixième sens nous paraît un problème majeur.