Télépathie aussi le terrible engin construit par l'ingénieur Gabet: torpille que l'on peut diriger à volonté au moyen d'ondes invisibles. Longue de près de 9 mètres et pesant 4.000 kilogs, la torpille automobile, au moyen d'organes électriques très compliqués, placés dans l'engin même, reste constamment sous l'influence du poste qui la projeta dans l'Océan, et dont les ondes, selon la façon dont elles sont émises, agissent différemment sur l'appareil de l'engin qui peut ainsi changer de direction à volonté et éclater lorsqu'on le désire. Mais il y a mieux. Non seulement la torpille obéit à des ordres lointains et occultes, mais elle n'obéit qu'à eux, et les ondes hertziennes lancées par les navires qui tenteraient d'éloigner un aussi gênant voisin n'auraient aucune influence sur le terrible engin.

Reconnaître et admettre partout la télépathie entre les radiations de la matière et nier la télépathie possible entre êtres vivants, est un de ces paradoxes permis seulement à la faiblesse mentale de nos académies savantes…

C'est à Edmond Gurney que nous devons le premier essai d'expérimentation systématique du phénomène télépathique. Et c'est grâce à la Société de Recherches Psychiques, de Londres, composée des hommes les plus distingués de l'Angleterre, soit savants, soit philosophes, que l'attention des penseurs a été ramenée sur ces phénomènes. Cette société a publié un volume, sous le titre: Phantasms of the Living, où elle a groupé près de 1.500 faits dont elle a pu vérifier l'authenticité.

M. Mariller, maître de conférences à la Sorbonne, en a fait une traduction abrégée en français, précédée d'une magistrale préface de Ch. Richet.

Dans les expériences de la Société de Recherches Psychiques, l'opérateur et le percipient étaient placés dans deux salles différentes, ensuite dans deux maisons éloignées. Les pensées à transmettre étaient inscrites par les membres témoins et tirées au sort.

Les cerveaux se perfectionnant et se sensibilisant par l'évolution, le sens télépathique, sorte de sixième sens, sera aussi général et ordinaire que le sens visuel ou le sens de l'ouïe. Il paraîtrait que c'est la glande pinéale qui est l'ébauche de cet organe nouveau, de ce nouveau récepteur vibratoire.

La glande pinéale est un petit organe qui se trouve à peu près au milieu du cerveau. Sa place importante, son enchâssement entre les deux tubercules quadrijumeaux, sa construction, en font un organe mystérieux pour nos anatomos-physiologistes. Que vient-il faire au centre du plus noble organe? L'examen microscopique semble révéler les éléments d'un oeil bizarre: en avant, une sorte de cristallin; en arrière du cristallin, une cavité centrale remplie de liquide; une fausse rétine et comme les rudiments d'un choroïde. Cet oeil pinéal est relié au cerveau par un ensemble de faisceaux nerveux, appelés pédoncules.

Les anatomistes ont voulu y voir un organe atrophié, un sens dégénéré. Un organe déjà en décadence au centre même du cerveau envoie d'évolution, représente une anomalie qui ne nous permet pas de nous incliner si vite devant les conclusions de l'anatomie comparée, mal interprétée dans ce cas. La glande pinéale nous paraît être, au contraire, l'organe télépathique en voie d'évolution. Une forte pensée concentrée entraîne un léger frisson dans la glande pinéale, un courant magnétique s'établit à travers l'éther cérébral et gagne l'éther extérieur pour aller atteindre un cerveau harmonisé, et l'image ou la pensée apparaît à l'oeil pinéal du sujet récepteur.

A l'exemple du docteur Gibert et de Pierre Janet, dont le sujet, Léonie, obéissait à la suggestion à un kilomètre de distance, le docteur Balme avait le pouvoir de transmettre mentalement sa volonté à une demoiselle de Lunéville. Il l'obligeait ainsi à venir dans son cabinet, à Nancy, réclamer ses soins. Un jour, ayant concentré et dirigé vers elle sa pensée, il prononça les paroles suivantes: «Venez, je vous attends par le train de midi.» A l'heure dite, la jeune fille entrait chez lui, disant: «Me voici.»

Le docteur Balme n'était pas arrivé à un tel résultat sans travail. Les premiers essais ne donnèrent aucun résultat. Tous les jours, à la même heure, et pendant longtemps, ils poursuivirent leur tentative. Les pensées échangées furent d'abord contradictoires. Un jour cependant un mot fut perçu avec exactitude; puis, par la suite, des phrases de quatre à cinq mots. Enfin, au bout de deux ans, ils communiquèrent à distance, à n'importe quel moment de la journée, en frappant d'abord quelques coups dans leurs mains[1].