«Elle avait été trouvée couchée dans son lit, à moitié recouverte par les décombres; un seul oeil était libre par lequel elle distinguait très bien le jour et la nuit, mais elle ne pouvait faire aucun mouvement et ne pouvait crier pour appeler au secours. Enfin, elle a pu compter les jours de son ensevelissement et a eu l'intuition qu'elle ne devait pas mourir.

«Dans l'horrible position où elle se trouvait, la jeune fille avait toute sa lucidité d'esprit et sa pensée se reportait naturellement vers son fiancé, qui devait être son sauveur. Ce fut l'amour qui fut son viatique.

«Gageons que l'Eglise verra là un miracle et qu'elle s'en servira pour exalter la foi religieuse des malheureuses populations de la Sicile et de la Calabre, qui n'ont pas encore compris, au milieu des malheurs qui les ont si cruellement frappées, que le Dieu qu'elles adorent serait le plus abominable des criminels s'il existait réellement._»

Un fait curieux s'est produit sous l'autorité judiciaire même, en 1888, au tribunal de Paimboeuf, avec le juge d'instruction H.-G. de Penenpron.

Un vol avait eu lieu, on avait arrêté le voleur, mais l'argent n'avait pu être retrouvé. Le juge d'instruction mit le voleur en communication avec un télépathe, Zamora, qui lut dans le cerveau du coupable la cachette de l'argent dérobé. Les recherches faites d'après ses indications amenèrent la découverte de la somme. Ce fait est judiciairement authentiqué, sous la signature même du juge d'instruction[2].

[Note 2: Voir récit plus détaillé de ce fait dans l'Hypnotisme, de
Nizet, p. 132.]

Il se produit souvent des cas de télépathie sous forme d'apparitions au moment de la mort. Au milieu de centaines de ces faits contrôlés, je publierai, à titre d'exemple, un seul cas. Ce cas a été complètement authentiqué.

«_Le 14 février 1888, à Londres, Mme Florence Bruce se présenta dans les bureaux de l'India-Office, vers dix heures du matin, pour s'informer de son mari, le capitaine Arthur Bruce, en garnison habituelle à Peshawur, en mission accidentelle devant la passe de Khyber, sur la frontière de l'Afghanistan. Au fonctionnaire qui la reçoit, elle rapporte une apparition qu'elle a eue la veille au soir, au moment de se mettre au lit.

«Son mari s'est brusquement dressé devant elle pour disparaître presque aussitôt. Mais elle avait eu le temps de voir le capitaine vêtu seulement d'une chemise, de son pantalon d'uniforme et d'une paire de bottes. Il n'avait ni armes, ni tunique, ni coiffure. Sa poitrine et ses bras étaient couverts de sang.

«On rassura Mme Bruce en lui assurant que son mari ne pouvait avoir été tué ou blessé sans que l'administration en ait été avertie, et elle rentra chez elle à demi-réconfortée. Mais la nouvelle de la mort de M. Bruce arriva le surlendemain. Il avait été surpris avec sa petite troupe par une bande d'Afridis, au moment où il procédait à sa toilette et il était tombé frappé de plusieurs coups de lance aux bras et à la poitrine. Seulement, la dépêche officielle n'était pas d'accord avec la veuve sur la date de ce triste événement. Mme Bruce plaçait la mort de son mari à la date du 13 février, à une heure correspondant avec celle de son coucher, tandis que le rapport militaire adressé à l'India Office mentionnait que le capitaine avait été tué le 12, soit la veille, à une autre heure.