La dame rentre chez elle où on ne tarde pas à lui amener son mari dont l'oeil avait été atteint dans le Métro par une épingle à chapeau.
Lorsque je causais avec Mme F…, chez elle, elle interrompait souvent la conversation pour me dire: «Je vois telles personnes qui viennent me voir; je vais être forcée de les recevoir, cela va nous déranger.» Quelques instants après, elle recevait la visite des personnages annoncés.
Plus tard la sonnette d'entrée retentit de nouveau; en même temps Mme F… dit à son mari: «On va te demander au téléphone». Le mari va ouvrir et le concierge en effet dit: «On vous demande au téléphone.» Pendant que son mari descendait, Mme F… me dit: «C'est Mme Mélo qui demande par le téléphone que j'aille la voir.»
Après quelques minutes, M. F… remonte et, s'adressant à sa femme: «C'est Mme Mélo qui veut que tu te rendes chez elle; j'ai répondu que tu étais grippée et ne pouvais sortir.»
Ces faits sont à l'état constant chez Mme F… Toute la journée, elle reçoit des messages télépathiques, et je m'étais chargé de les contrôler, d'en vérifier le plus grand nombre.
Un soir que je faisais avec Mme F… des expériences de visions astrales ou fluidiques, ou par le sixième sens (peu importe le nom), elle me dit:
«Je vois un incendie. Cet incendie provient d'une explosion, je sens comme une odeur d'eau jetée sur de la cendre chaude; ce n'est pas à Paris, mais aux portes de Paris, dans la direction de Nanterre, mais pas à Nanterre, c'est dans la direction Nord-Ouest; il s'agirait d'une usine et je vois d'autres usines à proximité.»
Le lendemain, on pouvait lire dans le Matin (7 décembre 1911):
«Hier soir, une explosion a causé d'importants dégâts dans une usine de Courbevoie, 49, rue de Bitche.
«Des vapeurs d'essence de pétrole répandues par mégarde dans l'étuve servant à déshuiler la farine de moutarde prirent feu et une formidable explosion se produisit. Les portes et fenêtres de l'immeuble volèrent en éclats et l'incendie s'alluma immédiatement dans l'usine.»