26º Dettes usuraires. Est celle où le créancier a prêté son argent à 48 pour %, ou tout autre taux plus fort que celui voulu par la loi.
Un homme qui a des principes ne peut décemment accepter un argent qu'on lui prêterait, sur sa signature, à plus de 48 pour % par an, par la raison que l'administration toute philantropique du Mont-de-Piété, qui ne prête que sur un gage valant au moins cinq fois la valeur de ce qu'elle vous avance, se contente de moitié, c'est-à-dire 24 pour % par an; à la vérité tous frais compris, et sans avoir à craindre la prise de corps, ce qui n'est pas peu de chose. J'en parlerai dans ma neuvième leçon.
DEUXIÈME LEÇON.
De l'Amortissement.
Principe.—Vérité.—Préjugé.—Manières diverses de payer ou d'éteindre les dettes de quelque nature qu'elles soient.—De la prescription.—Moyen légal enseigné par le Code.—Danger des à comptes.—Lettre de Mon Oncle.—Mauvais effet des remboursemens en argent.—Satisfaction des créanciers.
En principe, vous devez tâcher de vous faire, de tous vos créanciers, des amis qui vous aiment véritablement, et vous le prouvent en continuant de vous faire crédit. Faites en sorte qu'ils soient plus que tous autres intéressés à la conservation de vos jours, qu'ils s'inquiètent si vous avez un rhume, ne serait-il que de cerveau, et qu'ils tremblent s'il vous arrive une fluxion de poitrine.
Si par hasard vous vous avisiez de les payer, ou seulement de leur donner un à compte en argent, vous les désintéresseriez complètement, et vous les verriez changer leur tendre sollicitude contre une profonde indifférence. S'il vous arrivait de leur faire un règlement, un billet, un engagement quelconque, rencontrant un de vos intimes amis, ou se trouvant dans un endroit où il serait question de vous, ils ne demanderaient pas seulement de vos nouvelles. L'argent que vous pourriez leur donner en fait tout à coup des êtres froids ou indifférens. Tout ce que je puis vous passer dans cette circonstance, c'est de leur promettre purement et simplement, sans désignation de terme fixe; de cette manière vous entretiendrez chez eux ces affections douces qui font le charme de la vie, et augmentent encore le crédit qu'on peut avoir.
Il est une vérité incontestable que mon oncle a omise dans ses pensées détachées; c'est qu'il vaut mieux être sans le sou que sans crédit.
Cependant il existe un préjugé fortement enraciné, c'est que tôt ou tard il faut finir par payer, voilà ce qui perd les consommateurs; car du moment où vous payez vous n'avez plus de crédit. Commencez donc par ne jamais payer, et finissez de même, vous m'en direz de bonnes nouvelles. Si à vingt ans vous jouissez d'un crédit de 20,000 fr., et que vous suiviez toujours cette méthode, vous êtes sûr d'en avoir un de 100,000 fr., lorsque vous aurez atteint votre quarantième année.
Quoi qu'il en soit, les dettes peuvent s'acquitter ou s'amortir de huit manières différentes,