«Je veux bien travailler de nouveau et laisser ma vie facile pour des soucis de toute sorte que la gloire donne forcément, mais je veux avoir l’honneur de ce que je fais. Je ne veux plus que d’autres s’en vont (sic) avec mes idées.»

C’est peut-être cet orgueil qui l’a perdue. En effet l’artiste trouvait que les Français ne l’estimaient pas à sa juste valeur. Elle aurait voulu avoir la réputation de Duncan. Et souvent elle entrait dans de violentes colères quand elle ne se voyait pas suffisamment acclamée et honorée.

Les Allemands au contraire la flattaient et la traitaient de «déesse». De là son grand amour pour les Boches. Et cette faiblesse explique bien des choses.

PORTRAIT GRAPHOLOGIQUE

Mata-Hari avait une écriture très grosse, élégante et lisible.

Son français est quelquefois correct, son orthographe ne mérite pas de reproche pour les quelques fautes qu’on relève par-ci par-là, comme le mot «ensemble» qu’elle écrit avec un s, évidemment parce que quand on est ensemble on est plusieurs...

Ses lettres sont signées tantôt Marguerite, Mata-Hari ou même lady Mac-Leod.

Au surplus voici un portrait graphologique très curieux fait par M. Edouard de Rougemont, et que M. Louis Dumur a bien voulu nous communiquer:

«Ce qui frappe dans cette écriture, c’est l’excessive force impulsive des mouvements et leurs contrastes. L’écriture est comme lancée en avant avec brusquerie, les barres de «t» sont épaisses, les finales longues; puis, elle apparaît contenue, les barres de «t» sont en arrière de la hampe, les finales arrêtées net; tandis que, dans certains mots, les lettres grandissent exagérément, dans d’autres elles se rapetissent, au contraire, à mesure que la plume les trace. Les espacements, les jambages de «m, n, u» s’élargissent et se resserrent tour à tour.

«Toutes ces impulsions contradictoires donnent à la vie intérieure quelque chose de tumultueux, de chaotique, et la valeur de l’activité s’en trouve grandement affectée.