—Encore!
—Réfléchissez: vous avez des nouvelles de votre ami. Il s’agit maintenant de le faire mettre en liberté. Allez trouver le roi.
—C’est une idée. Alphonse ne me refusera pas ça! Ollé!
Et la talentueuse artiste franchit les Pyrénées.
Ici, nous passons la plume à un capitaine anglais:
«A cette époque, en 1916, les choses allaient mal en France, et l’Espagne, tout à fait favorable à l’Allemagne, était bien capable de réaliser au Maroc ses vieilles aspirations nationales contre la France. Mlle X... fut donc dépêchée pour se renseigner sur l’orientation de la politique espagnole. Cette mission eut un résultat intéressant: l’Espagne demeura en bon rapports avec la France pendant le reste de la guerre, et, détail de la plus haute importance, la France sut qu’il en serait ainsi jusqu’à la fin du conflit.»
Le roi l’a dit!
Mais Mlle X...—la miss si mys...térieuse—eut une autre satisfaction: S. M. Alphonse XIII fit une démarche à Berlin, et le brave artiste, son ami, qui avait fait si vaillamment son devoir, fut rapatrié.
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Maintenant, une observation très sérieuse s’impose. La spirituelle Parisienne a agi en bonne Française, elle a fait preuve de courage et d’intelligence; elle a exposé sa liberté et même sa vie: on ne lui a rien donné. En revanche, on a décoré quantité de donzelles qui n’ont pas eu longtemps à faire le pied de grue pour recevoir un bout de ruban. Nous demandons qu’on répare cette injustice et que le gouvernement témoigne à cette Française la reconnaissance à laquelle elle a droit.