C’est ici que se place un incident capital.

Von Kroon—à moins que ce soit von Kallé—l’officier allemand, avait payé les faveurs de Mata avec quelques bijoux. Mais Mata les rendit: elle préférait des espèces sonnantes, car, ayant dansé tout l’été, elle était fort démunie quand la bise fut venue. L’officier ne voulait pas ou ne pouvait pas prendre les sommes nécessaires sur sa cassette particulière. Il fut convenu que Mata rentrerait à Paris et que là elle recevrait les 15.000 pesetas dont elle avait un urgent besoin. C’est ce qui la perdit.

L’agent allemand télégraphia à Amsterdam en demandant de l’argent pour H. 21.

La Tour Eiffel enregistra le télégramme.

Nous sûmes vite—je ne puis dire comment, mais nous acquîmes la certitude—qu’il s’agissait de Mata.

Celle-ci se présenta à la légation de X..., toucha la somme annoncée et... son arrestation fut aussitôt décidée.

L’ARRESTATION

Ce n’est pas sans une certaine hésitation (?) que cette mesure fut prise.

Quand le commissaire de police Triolet se présenta à l’hôtel où elle logeait pour procéder à son arrestation, Mata-Hari était couchée et entièrement nue. Sans se couvrir, et avec une impudeur plus que choquante, elle procéda à sa toilette devant les inspecteurs, en demandant:

—C’est sans doute pour l’affaire de Belgique que vous venez me chercher?