Nous connaissons la date exacte de la représentation des Tuileries. La Gazette du 10 mars 1635 nous apprend que cette comédie avait été jouée devant la Reine le 4 mars précédent. Le numéro du 21 avril parle d'une autre représentation donnée pour le duc d'Orléans cinq jours auparavant.

L'auteur de la dédicace au chevalier d'Igby est J. Baudoin, académicien qui se fit un nom en signant les ouvrages des autres. Baudoin, qui présenta de même au public l'Aveugle de Smyrne, écrivit l'avis Au Lecteur, dans lequel on trouve un long éloge de la pièce: «Vous sçavez, y est-il dit, avec quelle magnificence elle a esté representée à la Cour, et que ceux qui l'ont veuë en ont tous admiré la conduitte, et les decorations de Theatre.... Vous sçaurez au reste qu'elle a esté faite par cinq différens Autheurs, qui pour n'étre pas nommez, ne laissent pas toutesfois d'avoir beaucoup de Nom; et les Ouvrages desquels sont assez connus d'ailleurs, pour vous faire advouer le merite de celuy-cy.»

Vendu: 30 fr., v. m., Huillard, 1870 (no 599).

92. La || Comedie || des || Tvileries. || S. l. n. d. [A Paris, Chez Augustin Courbé, 1638], pet. in-12 de 7 ff. et 100 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé; 2 ff. pour la dédicace; 4 ff. pour l'avis Au Lecteur, le Privilége et les Acteurs.

Le frontispice gravé, qui tient lieu de titre, représente une femme assise dans une allée des Tuileries et qui joue de la guitare; près d'elle se tient un gentilhomme en costume du temps. Au-dessus des deux personnages se trouve le titre reproduit ci-dessus; en bas, dans l'angle de gauche, le nom du graveur Daret.

Le premier feuillet de texte est signé par erreur ēiij, au lieu de ēiiij; il appartient au même cahier que les trois ff. précédents.

Le privilége et l'achevé d'imprimer sont les mêmes que dans l'impression en grand format.

Cette édition, à laquelle l'édition in-12 du Cid (no 10) a servi de modèle, est d'un format très-petit (la justification varie entre 90 et 95 millim. en hauteur, sur 49 en largeur); elle est remarquablement imprimée. On dit que la composition fut faite avec des caractères d'argent qui servirent, en 1656, à l'impression de la Bible de Richelieu, mais cette tradition paraît pour le moins fort douteuse.

Nous donnons à cette édition la date de 1638, à cause de l'analogie qu'elle présente avec la petite édition du Cid, que nous avons rapportée à l'année 1637 (no 10), et parce qu'il nous paraît probable qu'elle a dû être exécutée en même temps que l'édition in-4. M. Brunet (Manuel du Libraire, 5e édition, t. IIe, col. 71) lui donne la date de 1648, mais il reproduit évidemment une faute d'impression qui se trouve dans le catalogue Soleinne (no 1129).