L'édition in-4 du Cid est peu commune, et les beaux exemplaires en sont fort rares; nous en avons vu à la Bibliothèque nationale, à la Bibliothèque de l'Institut et à la Bibliothèque Cousin. La Bibliothèque publique de Niort en possède un dans sa première reliure, qui a appartenu à Marie de la Tour, duchesse de la Trémoille, dont la marque est collée sur l'une des gardes. Le même volume contient la Galerie du Palais et la Place Royalle. Le libraire Targa avait sans doute reçu un beaucoup moins grand nombre d'exemplaires que son confrère Courbé; aussi, les exemplaires qui portent son nom sont-ils particulièrement rares. Nous en avons trouvé un dans la Bibliothèque municipale de Versailles, avec l'achevé d'imprimer du 24 mars.
10. Le || Cid || Tragicomedie. || A Paris, ||
| Ches | { | François Targa Augustin Courbé | } | au Palais |
S. d. [1637]. In-12 de 4. ff. et 88 pp. | ||||
Il n'y a pas d'autre titre à cette édition qu'un frontispice gravé, représentant un cippe sur lequel sont assis deux amours qui tiennent un rideau. On lit sur ce rideau le titre de la pièce et au bas du cippe le nom des libraires. Dans le coin gauche du piédestal se lit la lettre ML, monogramme du graveur Michel Lasne. Le frontispice est suivi de 2 ff. pour la dédicace et 1 f. pour l'Extrait du Privilége et les noms des Acteurs.
Cette première édition in-12 du Cid est d'un très-petit format (la justification est de 94 millimètres sur 49), et imprimée en très-petits caractères. Il importe de ne pas la confondre avec l'édition décrite ci-après. Le texte présente plusieurs leçons qui diffèrent des éditions in-4; la principale est la correction faite à la 3e des stances de Rodrigue, laquelle commence ainsi:
Pere, maistresse, honneur, amour,
Impitoyable loy, cruelle tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie:
L'un me rend mal-heureux, l'autre indigne du jour.