Un exemplaire, dont le titre avait été imité en impression moderne, a figuré, en janvier 1847, à une vente faite à Paris à la Salle Silvestre; il a été revendu, en juillet 1848, à Londres, avec la bibliothèque de M. Benjamin Delessert.

Les 2 ff. préliminaires sont la partie la plus importante de ce recueil, les pièces séparées n'étant pas elles-mêmes d'une très-grande rareté. Charles Nodier, qui ne pouvait se consoler de ne pas l'avoir pas rencontré, a prétendu dans sa Description raisonnes d'une jolie collection de Livres (Paris, Techener, 1844, in-8, p. 292), que ce titre était «l'œuvre d'un spéculateur plus ou moins postérieur» à l'époque des Elzevier. C'est là une assertion qui ne pouvait tromper Nodier lui-même, car il est évident que le titre est bien authentique.

La date de 1644 exige qu'aucune des pièces comprises dans le volume ne soit d'une année antérieure.

Nous avons constaté la rareté de l'Illustre Théatre, mais nous sommes loin de partager l'engouement que ce petit recueil inspire à certains amateurs. Quelle que soit l'élégance de l'impression, nous ne pouvons dissimuler que le texte en est peu correct; c'est, à nos yeux, moins un livre qu'un objet de simple curiosité.

379. Le Theatre || françois || par le Sieur || Corneille, || auquel sont || representées les principales || & meilleures Pieces || qu'il a faites. || M.DC.LII [1652]. S. l., 2 vol. in-12.

T. Ier (sans tomaison): titre; 1 f. pour la table des deux volumes; cinq pièces avec pagination particulière: Le Cid, Horace, Pompée, le Menteur et La Suite du Menteur. (Voy. les nos[ 280], [294], [315] et [320].)

T. IIe (pas de titre ni de feuillet prélim.): Théodore, Polyeucte, Cinna, Rodogune et Héraclius. (Voy. les nos [300], [307], [315], [335] et [341].)

Nous ne connaissons de cette édition qu'un seul exemplaire appartenant à M. Benjamin Fillon, qui a bien voulu nous le communiquer. Le 1er volume avait figuré à la vente Potier, en 1870 (no 1223), où il avait atteint le prix de 100 fr. Le 2e volume a été découvert plus tard par la librairie Fontaine, qui l'a cédé depuis à M. Fillon. Cette seconde partie n'a pas de titre et ne semble pas en comporter un. Le titre de la 1re partie, n'ayant pas de tomaison, peut être considéré comme un titre général convenant à tout le recueil; la table qui suit ce titre général contient l'indication des pièces qui composent chaque partie, et le tome second correspond bien à cette description. Ajoutons que le titre de Théodore qui précède le second volume porte un nom de libraire qui le distingue des autres titres particuliers du recueil.

Cette édition clandestine a dû être détruite, car les exemplaires en sont de la plus grande rareté. C'est là, il faut le reconnaître, le principal et même l'unique mérite du livre. Les éditions elzéviriennes ont pour elles cette admirable exécution qui séduira longtemps encore les amateurs. Les contrefaçons exécutées dans les provinces de France ne présentent pas le même genre d'intérêt; elles sont le plus souvent fort grossières. Il est néanmoins curieux encore d'en étudier le texte. Peut-être y découvrirait-on, à côté de fautes qu'on ne saurait imputer à Corneille, des variantes prises dans des éditions originales qui se sont perdues.

380. Le || Theatre || de || Corneille, || auquel se voyent les plus belles Pieces qu'il || a faites: sçauoir: || Le Cid. || Le Cinna. || Le Polieucte. || Les Horaces. || La Mort de Pompee. || La Rodogune. || L'Heraclius, ou Mort || de Phocas. || Le Menteur. || La Suite du Menteur. || Le Don Sanche. S. l. n. d. [vers 1655], pet. in-8.