L'Imitation fut en outre réimprimée dans les Œuvres de Corneille publiées en 1802, par Palissot (no 644); en 1817, par Renouard (no 645); en 1821, par Janet et Cotelle (no 646); en 1824, par Lefèvre (no 647).
773. L'Imitation de Jésus-Christ. Texte latin suivi de la traduction de P. Corneille. Paris, Imprimerie impériale, 1855. Gr. in-fol., figg.
«En 1640, l'Imprimerie royale inaugurait sa fondation par une édition de l'Imitation commandée par Richelieu. En 1855, le même établissement voulut, à l'occasion de l'Exposition universelle, produire une œuvre typographique monumentale, en publiant une autre édition du même ouvrage, dans laquelle l'ornementation unirait la richesse des détails à la sévérité du style. L'édition de 1640 est sans doute un beau livre, mais celle de 1855 est unique sous le rapport typographique: elle présente, en effet, une nouvelle phase des impressions en or et en couleurs. Ici, ce ne sont plus des encadrements se répétant à chaque page, mais des têtes de livres ou de chapitres, et des lettres ornées conservant la même physionomie, tout en offrant une constante diversité.
«Les ornements du texte, imprimés en or et en couleurs, comprennent un faux-titre général, un titre avec figures en miniature, quatre faux-titres, quatre têtes de livre, cent dix têtes de chapitre, soixante petites vignettes, trois cents lettres ornées et cinquante-six culs-de-lampe.
«A l'impression, les faux-titres, les têtes de livre et les têtes de chapitre ont donné lieu à sept tirages; chacune des autres pages à six, l'encadrement du titre à huit, et les huit petites miniatures à vingt-quatre. Ces miniatures avaient offert à la décomposition trente teintes différentes.»
Ainsi s'exprime le rédacteur de la Bibliographie de la France au sujet de ce volume dû au faste impérial. Nous sommes loin, quant à nous, de partager son admiration pour cet ouvrage somptueux. Tout en admirant la perfection des procédés mécaniques employés aujourd'hui, nous trouvons que la décoration du volume ne s'harmonise pas avec l'impression du texte. Nous ne comprenons pas, du reste, que l'on veuille appliquer la chromolithographie à la décoration des livres. Excellente pour reproduire des antiquités, des objets d'art, des dessins d'étoffe, etc., elle nous paraît impuissante à reproduire les enluminures des vieux manuscrits. Les couleurs sont sans relief, l'or sans éclat, le dessin sans vigueur; l'ensemble est lourd et cotonneux; aussi les amateurs sérieux ont-ils toujours repoussé ce genre d'images.
Le volume sorti des presses de l'Imprimerie impériale n'a été tiré qu'à 103 exemplaires numérotés, dont 73 ont été donnés en cadeau par Napoléon III. Nous n'essayerons pas de calculer ce que chaque exemplaire a coûté; il est probable que les prix auxquels l'Imitation se vend aujourd'hui ne représentent que les frais de publication. Un exemplaire relié en mar. r., doublé de vél. blanc, est cependant coté 3,000 fr. (Catalogue Fontaine, 1875).
774. L'Imitation de Jésus-Christ, traduite et paraphrasée en vers français par P. Corneille. Nouvelle édition, accompagnée du texte, collationnée sur les éditions originales et augmentée de toutes les variantes, de lettres de Corneille et d'une préface nouvelle, par Alex. de Saint-Albin. Paris, J. Lecoffre, [impr. Raçon], 1856. In-18.
775. L'Imitation de Jésus-Christ, traduite et paraphrasée en vers français par P. Corneille. A Paris, chez Techener, place du Louvre, 20, [impr. Didot], 1856. In-8.
Tirage à part des Œuvres complètes de P. Corneille, édition de 1855 (voy. le no [655]) avec le texte latin et les lettres de Corneille au P. Boulart.