Collation des feuillets prélim.: figure représentant la décollation de sainte Théodore; titre avec le fleuron de Laurens Maury et ses initiales L. M.; 5 pp. pour la dédicace à Monsieur L. P. C. B.; 1 p. pour l'Extrait du Privilége et les noms des Acteurs.

Le privilége, daté du 17 avril 1646 (comme le privilége de Rodogune), est accordé pour cinq ans à Toussainct Quinet, qui déclare y associer A. de Sommaville et A. Courbé. L'achevé d'imprimer est du dernier jour d'octobre 1646.

La plupart des exemplaires de cette édition que nous avons vus portent la date de 1647; ce sont ceux dans lesquels nous avons trouvé le frontispice gravé. La Bibliothèque Cousin possède un exemplaire de 1646, sans frontispice avec le nom de Courbé. Un autre exemplaire est porté au Catalogue Pompadour, no 890. Il est possible que la gravure n'ait pas été achevée, lorsque les premiers exemplaires furent mis en vente.

En écrivant Théodore, Corneille espéra renouveler le succès de Polyeucte. Il écrivit Théodore après Polyeucte, comme il avait écrit la Place Royale après la Galerie du Palais, Cinna après Horace, la Suite du Menteur après le Menteur. Il emprunta le sujet de la pièce au De Virginibus de saint Ambroise et crut pouvoir mettre sur la scène une légende presque semblable à celle de sainte Agnès, que les spectateurs naïfs du moyen âge écoutaient avec un recueillement religieux. Nous connaissons un drame provençal du commencement du XIVe siècle, auquel cette dernière sainte donne son nom (Sancta Agnes, provenzalisches geistliches Schauspiel, herausgegeben von Karl Bartsch; Berlin, Weber, 1869, pet. in-8), et dans les premières années du XVIIe siècle, Pierre Troterel, seigneur d'Aves, en fit l'héroïne d'une tragédie (Tragédie de Sainte Agnes, par le Sieur d'Aves; Rouen, David du Petit Val, 1615, pet. in-12 de 95 pp.). Personne alors ne trouvait mauvais qu'une partie de l'action se passât dans un lieu de prostitution; mais Corneille avait épuré le goût public, et les spectateurs ne purent supporter le quatrième acte de sa pièce. Jouée, en 1645, par les comédiens du Roi, Théodore n'eut, d'après le Journal du Théatre François, que cinq représentations. Corneille ne put dissimuler son échec: «La representation de cette Tragédie, dit-il dans son Examen, n'a pas eu grand éclat, et sans chercher des couleurs à la justifier, je veux bien ne m'en prendre qu'à ses défauts, et la croire mal faite, puisqu'elle a été mal suivie. J'aurois tort de m'opposer au jugement du Public; il m'a été trop avantageux en d'autres Ouvrages pour le contredire en celui-cy, et si je l'accusois d'erreur ou d'injustice pour Théodore, mon exemple donneroit lieu à tout le monde de soupçonner des mesmes choses les Arrests qu'il a prononcez en ma faveur. Ce n'est pas toutefois sans quelque satisfaction, que je voy la meilleure et la plus saine partie de mes Juges imputer ce mauvais succès à l'idée de la prostitution qu'on n'a pû souffrir, bien qu'on sçeust assez qu'elle n'auroit point d'effet, et que pour en extenuer l'horreur j'aye employé tout ce que l'Art et l'expérience m'ont pû fournir de lumiéres; pouvant dire du quatrieme Acte de cette Pièce que je ne croy pas en avoir fait aucun, où les diverses passions soient ménagées avec plus d'adresse et qui donne plus lieu à faire voir le talent d'un excellent Acteur.» Dans les provinces, les spectateurs étaient moins exigeants qu'à Paris. Après avoir remarqué que la Suite du Menteur n'y fut point donnée, Corneille termine l'Examen de cette pièce par la réflexion suivante: «Le contraire est arrivé de Théodore, que les Troupes de Paris n'y ont point rétablie depuis sa disgrace, mais que celles des Provinces y ont fait assez passablement réüssir.»

Nous avons déjà parlé (voy. le no [44]) du rang assigné à Théodore, dans les diverses éditions collectives que Corneille donna de ses ouvrages. Nous n'avons pu voir d'autre motif à l'interversion qui l'a fait passer avant Rodogune, et même, en 1660, avant le Menteur, que le désir qu'eut le poëte de la rapprocher de Polyeucte et de ne pas mettre en tête d'un volume une pièce qui n'avait pas obtenu un complet succès.

48. Theodore || vierge et martyre, || tragedie chrestienne. || Imprimé à Roüen, & se vend || A Paris, || Chez Toussainct Quinet, || au Palais, sous la montée de la || Cour des Aydes [ou Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des Merciers, || à l'Escu de France; ou Chez Augustin Courbé, || au Palais, en la Gallerie des || Merciers, à la Palme]. || M. DC. XLVI [1646]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 4 ff., 82 pp. et 1 f. blanc.

Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour la dédicace à Monsieur L. P. C. B.; 1 f. pour l'Extrait du Privilége et les noms des Acteurs.

Le privilége, daté du 17 avril 1646, est accordé pour cinq ans à Toussainct Quinet, qui déclare y associer Antoine de Sommaville et Augustin Courbé. L'achevé d'imprimer pour la première fois est du dernier jour d'octobre 1646.

Cette édition fait partie du recueil de 1647.

La Bibliothèque Cousin possède un exemplaire au nom de Courbé, avec la date de 1647, qui ne présente d'ailleurs aucune différence avec les exemplaires datés de 1646.