Cette édition n'a pas de f. de titre, mais un simple titre de départ. La pièce a été réimprimée dans le Recueil de Dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine (no 1336), dans l'Esprit du grand Corneille, par François de Neufchâteau (no 792), et dans le Tableau de la littérature française au seizième siècle, par M. Sainte-Beuve, 2 vol. in-8; M. Marty-Laveaux en a donné un extrait (t. Xe, p. 502).
1372. L'Acomodement || dv Cid & de son || censevr. || A Paris, || M.DC.XXXVII [1637], Pet. in-8 de 7 pp. de 14 lignes, impr. en gros caractères.
Cette pièce, dont nous avons trouvé un exemplaire au Musée britannique (840. C. 22), n'a pas encore été signalée. C'est un tissu de violentes injures contre Corneille; mais, comme elle est très-courte, nous ne croyons pas inutile de la transcrire:
«Monsieur du Cid, vous n'avés fait que deux fautes, qui ne se puissent reparer: l'une, d'avoir fait imprimer vostre piece, qui avoit esté si bien approuvée sur le Theatre. Et l'autre, d'avoir répondu à celuy qui l'a censurée; Parce que vous ne vous deviés pas ennyvrer de la gloire du Theatre, pour montrer que vous n'en pouviez pretendre hors de là: Et que pour répondre à un ennemy déclaré et conneu, il faloit faire mieux de la plume ou de l'espee. Vous ne sçauriez mei [sic] que dans le détail de vostre Piéce, vous ne soyez imbecile dans le sentiment des Roys, de la Nature, de la Vertu, des Grands, des Sages, des Capitaines, des Fanfarons et des Modestes: Et que vous ne soyez extrémement plat et fade dans vos Vers, pour estre si presomptueux, si foible et si extravagant en l'Epistre d'Ariste, qu'on ne peut comprendre quel mouvement vous l'a dictée. Mais si l'on vous reproche qu'en vostre lettre Apologitique au Sr Scuderi, l'on ne sçauroit deviner si vous voulez passer pour Vaillant, pour Poltron, pour Ecolier ou pour Maistre: Et qu'on doute si vous connoissez vous mesme ce que vous estes (si ce n'est un Suppliant qui voudroit bien faire le Rodomont) Consolez-vous, que celuy qui vous a deffaict en une moitié de son Livre s'est deffaict en l'autre, et vous accordez tous deux. Fin.»
1373. Epistre || familiere || dv Sr Mayret. || Av Sr Corneille. || Sur la Tragi-comédie du Cid. || A Paris, Chez Anthoine de Sommauille, || au Palais, dans la petite Sale, || a l'Escu de France. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 48 pp. (la dernière chiffrée par erreur 38).
«Monsieur, dit Claveret au début de sa lettre, si je croyois le bruit commun, qui vous declare desja l'Autheur de ces mauvais papiers volants qu'on void tous les jours parestre à la deffense de vostre Ouvrage; Je me plaindrois de vous à vous-mesme, de l'injustice pue l'on me fait en un libelle de vostre style, et peut-estre de vostre façon [dans la Lettre apologétique de Corneille]: Mais comme l'action est trop indigne d'un honneste homme, je suspendray pour quelque temps ma creance en vostre faveur; et me contenteray (puisque la querelle de vostre Cid vous a rendu chef de party), de vous demander seulement raison de l'impertinence d'un de vos lanciers qui m'est venu rompre dans la visiere mal à propos; mais d'autant que je n'ay pas l'honneur de connoistre le galant homme, et qu'il ne seroit pas raisonnable que je me commisse avec un masque, je vous addresseray, s'il vous plaist, ce petit discours, comme si vous estiez luy-mesme.»
Cette lettre, dans laquelle Claveret nous donne un grand nombre de détails curieux pour l'histoire littéraire du temps, est datée de Paris le 4 juillet 1637. Elle est suivie d'un post-scriptum ainsi conçu:
«Si je ne craignois d'abuser de vostre bonté je vous prierois de faire tenir la cy-jointe à vostre Amy, que vous empescherez s'il vous plaist de plus outrager le mien: autrement nous userons du droict de représaille sur un des vostres, qui n'a desjà que trop souffert pour vos interests, et ceux de vostre Chef-d'œuvre. J'aime mieux paroître obscur que satyrique.»
Vient ensuite la Response à l'Amy du Cid sur ses invectives contre le Sieur Claveret, qui occupe les pp. 30 à 48.