Cette comparaison de toutes les tragédies d'Œdipe, anciennes et modernes, depuis celle de Sophocle jusqu'à celle de Ducis, y compris celle de Corneille, se trouve dans les Mélanges académiques, poétiques, littéraires, philologiques, critiques et historiques, par M. Gaillard, de la classe d'histoire et de littérature anciennes de l'Institut (Paris, Agasse, 1806, 4 vol. in-8), t. IIIe, pp. 231 sqq.

XXIV

1458. Historiettes baguenaudières, par un Normand [M. de Chennevières]. Chez les libraires de Normandie, [Aix, imprimerie d'Aubin, sur le Cours, 1], 1845. In-8 de 2 ff. et 156 pp.

Ce recueil, publié par M. de Chennevières, aujourd'hui directeur des Beaux-Arts, contient plusieurs pastiches dans le genre mis à la mode par Mérimée. Un de ces pastiches, intitulé Mademoiselle Gueru, est présenté par l'auteur comme extrait d'un manuscrit incomplet qui avait pour titre: Recueil des aventures et changements de condition de Nicolas Barillon, comédien, dit Avale tripes. Ce personnage imaginaire «vient à parler du voyage qu'il fit avec tous ses camarades de Paris au Neubourg, pour y représenter, dans le château de messire Alexandre de Rieux, marquis de Sourdéac, la pièce nouvelle qu'avait préparée pour cette occasion le fameux Rouennais, Pierre Corneille.» Comme bien l'on pense, cette portion du manuscrit ne s'est pas perdue. M. de Chennevières profite de cette fiction pour nous donner une foule de détails de son invention sur la représentation de la Toison-d'Or.

Voy. Revue de Rouen, t. Ier (1847), pp. 613 et 665.

XXV

1459. Devx || Dissertations || concernant || le Poëme || Dramatiqve, || en forme de || Remarques: || Sur deux Tragedies de M. Corneille || intitulées || Sophonisbe & Sertorius: || Enuoyées à Madame la Duchesse || de R* || A Paris, || Chez Iacques Du-Breuil, en || la Place de Sorbonne. || M.DC.LXIII [1663]. || Auec Priuilege du Roy. Pet. in-12 d'un f. pour le titre, 104 et 1 f.

Cette pièce est de l'abbé d'Aubignac, qui s'exprime ainsi dans l'avis au lecteur placé au verso du titre: «Ne vous estonnez pas, mon cher lecteur, de rencontrer ces Remarques sur la Sophonisbe, jointes à celles qui ont esté faites sur le Sertorius, M. Corneille les a trouvées si belles, si raisonnables et si utiles, qu'il en a acheté du Libraire tous les Exemplaires qui luy restoient pour les distribuer à ses Amis, et faire sçavoir à tout le Monde combien il a l'esprit docile, et capable de corriger ses fautes quand on les luy fait connoistre. Ce n'est pas qu'il ait tiré de sa bourse de quoy satisfaire à son désir, et à la perfidie du Libraire, mais il lui a donné en échange un grand nombre d'autres Exemplaires de la traduction d'à-Kempis, qui luy demeuroient inutiles, mais qu'il estime d'un prix incomparable. Il n'est pas juste neantmoins qu'il jouysse seul de ce trésor, et qu'il s'enrichisse du bien d'autruy que l'on avoit donné liberalement au public; les honnestes Gens qui ont veu cet Ouvrage l'ont si hautement loué, que tous les autres en cherchent par tout avec beaucoup de soin. C'est donc pour les contenter que cette seconde Edition paroist au jour; elle ne leur déplaira pas, et ne doit pas déplaire à M. Corneille, car il ne doit pas estre jaloux que les autres s'instruisent en l'art du Theatre aussi bien que luy.»

Malgré l'assurance avec laquelle l'auteur des deux dissertations affirme qu'il avait d'abord publié une édition séparée de ses Remarques sur Sophonisbe, M. Taschereau a cru que cette édition n'avait jamais existé, et que d'Aubignac n'en parlait que pour ajouter une injure de plus à ses basses attaques contre Corneille. Nous avouons, quant à nous, qu'il nous est bien difficile de partager cette opinion. Il nous paraît assez probable que les Remarques sur Sophonisbe auront été d'abord imprimées séparément, et que l'édition en aura été enlevée non par Corneille, mais par d'Aubignac lui-même ou par ses amis.