68. Nicomede, Tragedie. Par P. Corneille. A Paris, Au Palais. Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice. Estienne Loyson, au premier Pillier de la grand'Salle proche les Consultations, au nom de Jesus. Pierre Traboüillet, dans la Galerie des Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune, proche le Greffe des Eaux et Forests. M. DC. LXXXII. [1682]. In-12.
Cette édition, que nous n'avons pas vue, doit se composer de 2 ff. et 72 pp. Cf. ci-dessus, no 25.
XXII
69. Pertharite || Roy || des || Lombards, || Tragedie. || A Rouen, || Chez Laurens Maurry, prés le Palais. || Auec Priuilege du Roy. || M. DC. LIII. [1653]. || Et se vend A Paris, || Chez Guillaume de Luynes, au Pa- || lais, sous la montée de la Cour des Aydes. In-12 de 6 ff. et 71 pp.
Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour l'avis Au Lecteur; 4 ff. pour les extraits des auteurs et la liste des Acteurs.
La page 71 est occupée par l'Extrait du Privilége, accordé «au sieur Corneille, Advocat en nostre Parlement,» pour trois pièces de théâtre intitulées: Pertharite, Roy des Lombards, D. Bertran de Cigarral et l'Amour à la mode. Nous trouvons ici une confusion entre les pièces de Pierre et de Thomas Corneille, analogue à celle que nous avons relevée à propos d'Andromède. Le privilége, dont Corneille déclare faire cession à Guillaume de Luyne, lui est donné pour vingt ans, à la date du 24 décembre 1651. L'achevé d'imprimer est du 30 avril 1653.
Après Nicomède, le génie de Corneille touche à son déclin. Pertharite, dont le sujet est tiré de Paul Diacre et des Historiæ insubricæ d'Henri Dupuis, ne trouva pas grâce devant le public. La pièce ne fut jouée, dit-on, qu'une ou deux fois. M. Marty-Laveaux (t. VIe, p. 4) a fort habilement fixé la date de la représentation, que la plupart des éditeurs de Corneille plaçaient en 1653. Il a relevé un passage de Tallemant des Réaux qui avait échappé à ses devanciers: «Au carnaval de 1652, dit Tallemant, Mme de Montglas fit une plaisante extravagance chez la presidente de Pommereuil. On y devait joüer Pertharite, roy des Lombards, piéce de Corneille qui n'a pas réussy...»
Avec sa franchise ordinaire, Corneille nous apprend lui-même l'échec de Pertharite: «La mauvaise reception que le Public a faite à cet Ouvrage, nous dit-il au commencement de l'avis Au Lecteur, m'avertit qu'il est temps que je sonne la retraite... Il vaut mieux que je prenne congé de moy-mesme que d'attendre qu'on me le donne tout à fait, et il est juste qu'apres vingt années de travail je commence à m'appercevoir que je deviens trop vieux pour etre encor à la mode.» Cette dernière phrase, écrite en 1652, fournit un argument de plus à ceux qui placent la représentation de Mélite en 1629 ou en 1630. Nous n'avons pas à insister sur ce point, qui ne nous a pas paru contestable (Voy. ci-dessus, no [1]). S'il était vrai, comme le prétend Fontenelle et comme le répète d'après lui la Bibliothèque du Théâtre François (t. IIIe, p. 2), que Mélite eût été jouée en 1625, Corneille n'eût pas manqué de dire: «Apres vingt-cinq années de travail.»
Malgré ses faiblesses, Pertharite offre encore de beaux passages; mais ce qui fait le principal intérêt de cette pièce, c'est que Racine en a tiré plusieurs des situations d'Andromaque. Voltaire a, l'un des premiers, relevé les ressemblances qui existent entre les deux tragédies; mais, comme dans bien d'autres circonstances, il s'est montré injuste pour Corneille: «Il est évident, dit-il, que Racine a tiré son or de cette fange.» Parmi les critiques qui ont le mieux apprécié Pertharite et le mieux mis en lumière les emprunts faits par Racine à Corneille, nous citerons M. A. Thiénot, qui a consacré un long article à cette question dans le journal le Constitutionnel du 18 août 1869.
70. Pertharite || Roy || des || Lombards, || Tragedie. || Imprimé à Roüen, || & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme. || M. DC. LIV. [1654]. Auec Priuilege du Roy. In-12 de 94 pp. et 1 f. bl., sign. Cc-Ff.