§ 7.
Le lendemain, à une heure du jour déjà avancée, la troupe du sire de Flavi se trouvait arrêtée sur un des points de la plaine qui sépare Artenay de Patay. Les cavaliers avaient mis pied à terre pour faire brouter leurs chevaux, et eux-mêmes étaient étendus sur l'herbe où ils se reposaient, lorsque leur chef sortit tout à coup d'une chaumière où il avait été rejoint par un messager arrivé à franc étrier, et fit sonner le boute-selle; il venait d'apprendre la défaite des Anglais à Patay et l'arrivée du roi avec l'armée victorieuse.
Tous ses compagnons, parmi lesquels l'heureuse nouvelle se répandit aussitôt, s'empressaient de faire brider leurs chevaux et de prendre leurs armes pour courir au-devant de Charles VII, lorsque Exaudi nos parut couvert de boue et de sueur.
À sa vue, le gouverneur de Tonnerre, qui allait monter à cheval, s'arrêta:
—Eh bien, demanda-t-il vivement, en prenant l'archer à part.
—J'ai réussi, répliqua Richard triomphant.
—Quoi! les fugitifs?
—Regardez.
Le sire de Flavi se retourna et aperçut, à quelques pas, sous un noyer, le Père Cyrille et Remy gardés par les deux compagnons de Richard.
—Dieu me sauve! sont-ce bien eux? s'écria-t-il émerveillé.