—À deux mille sesterces.

—Ils aideront à la liquidation de Corvinus, dit le Romain, qui étendit la main vers le vase dans lequel Arvins avait déposé ses économies.

—Cet argent m'appartient, s'écria l'enfant en s'efforçant de le défendre.

—Il appartient à ton maître, esclave, répondit le créancier. Tu ne possèdes rien en propre; pas même ta vie. Livre donc ces deux mille sesterces, ou prends garde aux lanières.

—Jamais! jamais! s'écria Arvins en pressant son trésor contre sa poitrine. Ce pécule, je l'ai économisé sur ma faim et sur mon sommeil; il est destiné à racheter ma mère. Ma mère subit aujourd'hui le supplice des fugitifs, si je n'apporte à sa maîtresse trois mille sesterces. Ah! ne m'enlevez pas cet argent, citoyens; si vous ne me le laissez point par justice, que ce soit par pitié... Vous avez des mères aussi... Grâce! grâce! je vous en prie à genoux.

Le jeune Celte était tombé aux pieds des trésoriers de Saturne et du créancier. Celui-ci haussa les épaules et fit signe aux hérauts chargés d'annoncer la vente. Ils s'approchèrent d'Arvins et essayèrent de lui arracher les deux mille sesterces; l'enfant se débattait avec des menaces et des cris de fureur; mais, trop faible pour résister à des hommes, il fut bientôt dépouillé.

Il se releva couvert de poussière et fou de rage; ses yeux cherchaient une arme dont il pût se servir. Les hérauts le saisirent en riant, le lancèrent hors de la cour et refermèrent la porte.

Arvins frappa avec fureur sa tête de ses deux poings, comme s'il eût voulu se punir lui-même de son impuissance. Dans ce moment, une main se posa légèrement sur son épaule. Il se détourna; c'était Nafel.

—Qu'as-tu, enfant? demanda-t-il.

—Ma mère! s'écria Arvins, dont la voix étouffée par la colère et les sanglots ne put faire entendre que ce mot.