Le vieillard jeta à la marquise un regard craintif.

—Je venais vous parler de Jeanne, reprit madame de Solange; la voilà grande et le temps me semble venu de songer à son établissement.

Le marquis garda le silence.

—J'ai cherché longtemps, continua la marquise, mais je crois enfin avoir trouvé le mari qui lui convient.

—Un mari pour Jeanne? répéta M. de Solange en relevant la tête.

—Jeune, aimable, et tenant un des premiers rangs à la cour, ajouta la marquise; M. le comte de Lanoy.

—Le fils de l'ancien gouverneur du Périgord?[36]

—Lui-même, monsieur. Auriez-vous connu son père?

—Si je l'ai connu! s'écria le vieillard; un ancien compagnon d'enfance! Grande noblesse, madame! Les de Lanoy comptent autant de quartiers[37] que les Montmorency.[38] Il faut que Jeanne épouse le comte!

—A la bonne heure! dit la marquise; je vois avec plaisir, monsieur, que nous commençons à nous comprendre. Mais, en échange de la bonne nouvelle que je vous apporte, vous ne refuserez point, je pense, de me donner ce papier...