«Courez! ramenez-le!» s'écrie le soudan quand il a disparu. L'orchestre joue un air annoncé comme égyptien, et dans lequel Maurice reconnaît celui de Va-t'en voir s'ils viennent, Jean.

DEUXIÈME TABLEAU.

Le lieu de la scène change. On voit des sables faits de paille hachée qui tournoient, deux autruches apprivoisées qui se promènent d'un air ennuyé, des gazelles qui courent après des biscuits, et une pyramide au fond: c'est le désert.

Kléber et Astarbé, et le vieux Achmet, qui, en sa qualité de mort embaumé, joue un personnage muet, arrivent sur leur coursier qui boite. Tous trois succombent à la fatigue. Ils s'arrêtent, et Astarbé, prise d'une sorte de délire, se met à murmurer:

Pourquoi nous reposer, quand là-bas, près du puits,

Je vois l'ombrage frais des grands palmiers, et puis

La maison où l'on donne aux hôtes sans monnaie

Des riz au lait sucrés qu'un remercîment paye;

Où la femme modeste, en gardant la maison,

Fait le bonheur d'un homme et file du coton?