Maurice rentra pensif et découragé; Marthe, qui l'attendait avec impatience, fut frappée de sa tristesse.

«Qu'as-tu donc vu? demanda-t-elle avec anxiété.

—Ce que j'aurais dû prévoir, dit Maurice en serrant les mains de la jeune femme; nous avions déjà vainement cherché dans ce monde perfectionné l'amour et la poésie; mais restait la foi, qui console de tout…

—Eh bien?

—Hélas! elle aussi s'est envolée.»

CONCLUSION.

Marthe et Maurice demeurèrent le cœur navré. Tous deux pleuraient sur ce monde où l'homme était devenu l'esclave de la machine, l'intérêt le remplaçant de l'amour; où la civilisation avait appuyé le triomphe mystique du chrétien sur les trois passions qui conduisent l'homme aux abîmes; et tous deux s'endormirent dans ces tristes pensées.

Mais, durant leur sommeil, ils eurent une vision.

Il leur sembla que Dieu abaissait les yeux vers la terre, et qu'à la vue du monde tel que l'avait fait la corruption humaine, il disait:

«Voilà que ceux-ci ont oublié les lois que j'avais gravées dans leur cœur; leur vue intérieure s'est troublée, et chacun d'eux n'aperçoit plus rien au delà de lui-même. Parce qu'ils ont enchaîné les eaux, emprisonné l'air et maîtrisé le feu, ils se sont dit:—Nous sommes les maîtres du monde, et nul n'a de compte à nous demander de nos pensées. Mais je les détromperai durement: car je briserai les chaînes des eaux, j'ouvrirai la prison de l'air, je rendrai au feu sa violence, et alors ces rois d'un jour reconnaîtront leur faiblesse.»