—Il a menti, il a menti, répéta-t-elle avec une insistance emportée, et, la preuve, c’est que je sais toute l’affaire. Il épouse sa cousine; il l’a dit à ce gros petit qui est là et qui lui a prêté de l’argent!... Qu’il parle plutôt: n’est-ce pas la vérité?
Cette dernière question était adressée à Marquier qui regarda de Luxeuil, en bégayant une réponse évasive; mais celui-ci avait pris son parti.
—Eh bien? quand cela serait? dit-il avec hauteur.
—Alors tu avoues! interrompit Clotilde; vous entendez? le voilà qui avoue maintenant. Il se marie!... et je n’en savais rien! il ne m’avait prévenue de rien! il faisait le sournois et l’hypocrite.
—Clotilde!...
—Oui, l’hypocrite! répéta l’actrice exaspérée; si tu avais été franc avec moi, tu m’aurais dit:—voilà! il faut que je fasse une fin, séparons-nous. On se serait quitté bons amis: mais non, tu m’as tout caché, comme on ferait à une femme légitime! tu as voulu me garder jusqu’au jour des noces pour te faire alors un mérite de me sacrifier! c’était avantageux... et commode! on gardait la maîtresse en attendant la femme; il n’y avait que moi qui pouvais y perdre.
—Je ne vois pas bien ce que vous y avez perdu, ma chère, dit de Luxeuil, en effleurant de l’œil les derniers cadeaux offerts par lui à Clotilde.
Celle-ci comprit sans doute son regard, car, s’élançant d’un bond vers l’une des étagères qu’il avait désignées, elle y saisit les objets précieux qui s’y trouvaient étalés et les brisa à terre.
Les convives poussèrent une exclamation de surprise.
—Que faites-vous? s’écria Marquier, qui voulut l’arrêter.