—Eh non! interrompit maître Blanchet, qui cherchait une chaise pour M. Vorel; c’est le médecin de Bourgueil. Asseyez-vous donc, monsieur le docteur; comment va la baronne?

—Médiocrement, Blanchet, médiocrement, répondit M. Vorel, de sa voix honnête et posée; je ne suis point content de son état.

—Aussi elle est trop sédentaire, répondit l’aubergiste, on ne la voit jamais hors de son couvent.

—Elle donne tout son temps à sa fille.

—Oui, on dit qu’elle a fait de sa maison et de son jardin un vrai paradis; ça a même été cause qu’on a crié dans le pays.

—A quel propos?

—Parce qu’elle a tout acheté à Paris, les meubles, les tapisseries, les fleurs! Vous comprenez, monsieur Vorel, que lorsqu’on a de quoi, il est juste d’en faire profiter ceux de l’endroit: quand elle aurait dû payer un peu plus cher, on la dit riche à ne pas connaître elle-même sa fortune.

—Vous savez qu’on exagère toujours, maître Blanchet, la baronne a une trentaine de mille livres de rentes.

—Eh bien! et ce qui lui reviendra de votre belle-mère, la bonne femme Louis, car vous n’êtes que deux héritiers, la fille de la baronne et vous?

—C’est vrai.