—Monsieur ne partira pas sans boire à notre santé, dit-elle en se levant pour chercher un verre, priez-le donc de rester un instant, monsieur Marc.
—C’est juste, reprit le garçon de bureau, avance ici, Furet; c’est du bordeaux... et du bouché!
—Pardon, excuse, dit le Furet, c’est que j’ai déjà déjeuné avec le gros Georges.
—N’importe, n’importe, insinua M. Brousmiche, qui, à l’invitation de Françoise avait refermé la porte; le bordeaux est comme le lézard, c’est un ami de l’homme. Aussi les anciens l’avaient appelé le lait des vieillards. Approchez, Monsieur, je vous en prie.
Le Furet céda, on s’excusant, prit le verre que Françoise lui offrait et s’approcha de la table.
M. Michel, qui était resté jusqu’alors étranger à la conversation, se leva la bouteille à la main pour lui verser à boire; mais à sa vue, le Furet demeura le bras tendu, les yeux grands ouverts, et comme pétrifié par la surprise.
—Qu’as-tu donc? demanda Marc.
—Ce que j’ai, répéta l’homme à la veste, dont les regards restaient attachés sur le vieillard, c’est que... il me semble... oui... je ne me trompe pas... j’ai déjà vu monsieur.
—Moi, dit M. Michel en souriant, et quand cela?
—Dans le temps que j’étais gardien à Vanvres.