Je la remerciai et pris congé d’elle; mais au moment où j’allais partir, une femme de chambre annonça plusieurs noms parmi lesquels fut prononcé celui du chevalier de Rieul.

Ce dernier se montra en effet à l’entrée du boudoir donnant le bras à une dame en grande parure et suivi de deux autres groupes.

Il ne parut d’abord frappé que de trouver un homme portant mon costume dans un pareil lieu; mais à cette première surprise en succéda une seconde plus marquée.

Il s’arrêta court, me regarda fixement et jeta un cri: il m’avait reconnu!

Je fis un mouvement vers la porte pour m’échapper; il quitta vivement le bras de la dame qu’il conduisait, me saisit par la main et me ramena vers la fenêtre du boudoir, comme s’il eût voulu s’assurer qu’il ne se trompait pas.

—Dieu me damne! c’est bien lui, s’écria-t-il.

—Quoi! vous connaissez monsieur Michel? demanda vivement la femme du général.

—Michel, répéta le chevalier; il a donc aussi changé de nom en changeant de costume?

Madame Nancy parut stupéfaite.

—Que parlez-vous de changement de costume, reprit-elle; monsieur serait-il donc déguisé?