Et en trois enjambées il fut hors de l’auberge, tandis que de son côté M. Vorel montait à cheval et prenait le chemin du Vivier.
Quant au Parisien, il s’était approché du Rageur, qui, sur un signe, l’avait suivi, et tous deux disparurent du côté de l’étang.
Environ une heure après, deux hommes étaient accroupis derrière une des haies qui bordent le chemin conduisant des premières maisons du faubourg à la partie supérieure de la ville. L’un d’eux avait le cou tendu et l’œil fixé sur le milieu de la route, que la lune commençait à éclairer, tandis que l’autre, renversé en arrière dans une pose nonchalante, semblait à moitié endormi.
Tout à coup le premier se redressa, prêta l’oreille, pencha la tête à droite et à gauche pour mieux voir, et fit entendre cette espèce de bredouillement cadencé qui, chez les faubouriens de Paris, remplace le sifflement d’appel.
La réponse ne se fit point attendre, et, presque au même instant, une ombre se dessina sur l’espace lumineux du chemin et s’avança vers l’endroit où les deux compagnons se tenaient cachés.
—Est-ce bien toi, Moser? demanda le Parisien qui s’était levé.
—C’est pien moi! repondit l’Alsacien; tu es seul?
—Voici le Rageur.
—A la ponne heure, on ne beut bas nous entendre?
—Non; mais parle vite, y a-t-il gras?